Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
En vente chez ediivre.com
Le petit nouveau "Au bout du compte"
né le 24 janvier 2011
chez edilivre.com
Je suis le résultat de ce que la passion déchaîne en moi la torsion du tronc d’un arbre
l’empêchant de toucher les étoiles un feu si vaste qu’il en brûle son objet des bras tendus dont on couperait les mains pour les empêcher de dire à ton corps en personne tout le bien qu’elles te
feraient
dans ma chair je suis à l’étroit j’attends ta présence afin que tu lui offres ton espace à la tienne réunie et si ma douleur face à ton absence répond exactement à la pointure de ta douleur nous aurons tant à nous regarder les regards bleus au-dessus du fleuve Saint-Laurent de la Méditerranée n’auront jamais terminé leur danse à peine engagée nos yeux s’aimeront et il en naîtra tant de portées qu’elles sauront tout de suite les unes devant les autres s’émerveiller
j’ai contemplé une tempête de neige qui m’a possédée de par ses vents déchaînés elle m’a enchaînée de ses légers liens blancs et que j’aimerais faire de même ma douce ma tendre avec toi car devenant moi-même une tempête toute la neige de mes baisers sur ta chair je déposerais sans compter et je neigerais dans tes bras
des déferlantes neigeuses de la neige folle nous avons sur nous et sur toi je fais du ski extrême mon amour tous les risques je prends dans ta poudreuse je slalome à une vitesse que je ne pensais jamais atteindre et c’est l’hiver de joie l’hiver du plein soleil au zénith qui trace de ses rayons bien aiguisés si étroitement la silhouette du ciel bleu et cette silhouette en même temps que toi je l’épouse en te dévalant et je crie mon amour d’ivresse en ce Massif de Charlevoix où mon fleuve Saint-Laurent à tes pieds est en train de faire sa lessive et de tordre ses glaciers
je te pulvérise ma neige folle qui me monte le long de l’habit de neige frôlant ma tuque et se dressant si haute à mes côtés telle un voile de cristaux brillants que d’un trait en descendant je soulève au fur et à mesure
mes skis s’enfoncent en toi dans tes rembourrures si légères de plumes d’oie et c’est ton extase blanche qui s’offre à mes yeux en s’élevant tout doucement me maquillant les joues les cils et les sourcils de poudre d’avant-scène
le fleuve déployé à nos pieds est éperonné par des brise-glace mes skis rentrent en toi mon amour et dans le fleuve j’entre en eau salée comme en religion
les sapins géants dont les bras ploient sous de blancs fardeaux s’élèvent de chaque côté de la montagne vertigineusement et je m’enfonce en toi m’enfonce mon amour alors que le froid se fixe à chaque partie de mon corps afin que je ne ressorte plus jamais de toi
© Marie Cholette, le 21 janvier 2012. Tous droits réservés.
Quels sont ces brouillards ces brumes descendus si brusquement ces foules nuageuses m’entourant et menaçant de me lyncher
les cornes de brume je les entends partant dans toutes les directions ne me donnant d’issue aucune
il n’y a rien à voir même si mon regard partout se déplace je sens les entailles glacées dans ma chair que me font ces foules compactes d’une humidité qui m’assiège
je pensais pouvoir marcher sur tes eaux fleuve Saint-Laurent mais je vais en m’engouffrant de balafres en estafilades
tends-moi une barque même si je ne saurai pas la diriger tends-moi une main aurorale même si je ne saurai pas la saisir
la nuit est si lourde tombée sur mes épaules d’un noir fait de trop d’étoiles brillantes à aveugler que mes genoux fléchissant ont percuté la dureté de tes eaux
ce n’est pourtant que l’été mais l’hiver sur le fleuve avec ses étals blancs s’y est installé il m’a offert des glaces que j’ai toutes refusées
cette douleur de vivre à sens unique elle était la ruelle avait l’air si belle pourtant
il a fallu que je recule sans rien n’y voir derrière et ce qui est curieux c’est que je n’en voie pas la fin
j’aurais voulu un pays à vivre le français comme une enseigne s’illuminant sur nos lèvres telle une lune laiteuse dans le ciel avec cette ligne large sur l’eau qui lui répond
pourquoi dites-moi lui tourner le dos comme si elle était honteuse et souillée préférant l’anglais pour un seul anglophone aborder
pourquoi les coups les balafres les estafilades qu’à nous-mêmes nous nous donnons
pourquoi mon pays si difficile à approcher et mes amours si difficiles à vivre dites-le-moi
© Marie Cholette, le 30 novembre 2011. Tous droits réservés.
Toi ma Provence moi ton Québec en une seule personne.

Toi ma Provence en une seule personne toi ma Provence à toi toute seule serai-je un jour ton Québec juste à toi
le cœur me manque face à ton regard si bleu que j’en perds mon fleuve et tout ce que je savais de lui il bat si faiblement à l’envers des aiguilles d’une montre hors du temps
mes genoux ont fléchi face à ta lumière trop vive telle un phare en pleine nuit qui croiserait de près même au large mon regard et resterait là trop intensément à le fixer et mon cœur vois-tu n’aurait pas eu d’autre choix que de céder sous le poids de ta beauté
je dis vague ton absence m'a rendue folle et je te répète de vague en vague et j’erre en faisant du cœur à cœur du bouche à bouche du mot à mot sur tes lèvres que j’entrouvre pour te faire l’amour réel et je me perds en préliminaires et me retrouve en abondance en ce fleuve alangui brûlant de luminosité de ton regard qui me fait baisser les yeux soudainement aveuglés
quelle est cette douleur dans ma poitrine un manque de souffle un manque de toi une basse pression ressentie par ta trop forte présence ayant cumulé en elle tous ces désirs de toi inassouvis tous ces gestes cadenassés en moi qui n’ont eu droit qu’à de rares visites de ta part afin uniquement de se dire et non pas d’être toutes ces danses réduites pendant ce temps à des pas de un à des pas de seule à seule à des mouvements brisés en leur envol dans l’étourdissement de leurs girations incomplètes
j’ai tant essayé de matérialiser tes collines ton mont Sainte-Victoire que j’en ai abstrait mon âme incapable de reconnaître ses propres paysages sacrés
cacherais-tu en toi mon fleuve Saint-Laurent mon Québec tant aimés à force de les avoir si bien imaginés que tu les as matérialisés
nos corps s'aimant tels des aimants avec nos courants parallèles nos mêmes instincts avec nos courants fluviaux se laissant aller dans le même sens nos champs magnétiques nous attirant si étroitement au plus près l'une de l'autre l’une devant l’autre nues mains dans les mains yeux dans les yeux nous marierons nos pays à l’autel de nos présences retrouvées nous unirons l'un à l'autre toi ma Provence et moi ton Québec en une seule personne
© Marie Cholette, le 12 octobre 2011. Tous droits réservés.
Que l'on lise le Coran, la Bible, la Torah, etc., les phrases qui s'y
trouvent ne sont pas à prendre au pied de la lettre. Quant à moi, je ne suis certainement pas née de la côte d'un homme! Je suis née dans mon intégrité de femme comme l'homme dans son intégrité
d'homme. Et les deux sont faits pour se compléter. La liberté masculine et la liberté féminine devraient être similaires de même que les droits des femmes et des hommes devraient être ÉGAUX
PARTOUT SUR LA TERRE!!! Il faut replacer ces livres sacrés dans le contexte de leur époque. Ces livres nous « livrent » un message d'amour: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés
». À part l'amour, rien d'autre n'a d'importance, car l'amour véritable en lui-même rassemble les notions de justice, de respect, etc. Il est non seulement don de soi mais ÉPANOUISSEMENT DE SOI,
RESPECT DE SOI par rapport à ce que l'on aime faire dans la vie. Deux êtres qui se laissent libres en vivant ensemble s'assurent la viabilité, la pérennité de leur amour.
© Marie Cholette, juin 2010
Merci encore à toi Marie pour ces belles phrases qui nous parlent autant au coeur qu'aux yeux !
dans le plus complet silence une légère traînée de canards noirs de canards colvert et de canards pilet effleure tel un pinceau les lèvres du sexe de l’eau
des harpes de feuilles que font vibrer les doigts de la grande artiste de la brise en pinçant dans différents tempo leurs innombrables cordes qui rendent un son cristallin se laissent après l’entracte lors d’une chorégraphie pencher lentement et alternativement vers l’arrière jusqu’au pubis du marais appuyées au creux des bras des danseurs des vents
les mésanges à tête noire serrées les unes contre les autres par milliers au parterre et aux balcons des ormes remplissent la salle de spectacle de leurs chants pour assister plus rapidement à l’arrivée sur scène en grande première mondiale de la cantatrice de l’orage
la nuit sur la pointe des pieds ferme doucement derrière elle la porte du crépuscule bruyant où traînent encore des adolescents épris du temps de la Nouvelle-France arborant une longue cape noire un chapeau à trois gouttières et une épée simulant une bataille rangée et des jeunes filles habillées de jupes plissées de la Nouvelle-France de chemises blanches à engageantes coiffées d’une cornette à longs pans relevés ou flottants et des femmes du peuple vêtues d’une longue jupe de lainage recouverte d’un tablier d’un corsage à basques et élégamment coiffées d’un bonnet piqué qui chouennent en riant tout en élevant le ton
la nuit sur la pointe des pieds allume finalement une après l’autre la lune et les étoiles en prenant soin à la toute fin d’aller border en lui donnant sur le front un baiser le marais du Domaine Maizerets
© Marie Cholette, le 7 août 2011. Tous droits réservés. Toute reproduction interdite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’auteure.
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Amitié solaire
Comment aurais-je pu croire que le virtuel un jour
prendrait ton nom
et que ta main bleue
tendue de l’autre côté de l’Atlantique
tout droit sortie d’un champ de lavande provençale
une main de fleurs une main de mots
appréhenderait mes pages blanches
sensibles comme les films d’une caméra
afin d’y inscrire telle une calligraphie
sa délicate empreinte
s’édifient entre nous au fil des jours
des mots des phrases
des paragraphes de longs messages
des lettres
tels des buildings
éclairés en plein centre de nos villes cachées
et visibles de nous seules
s’aménagent au fil du temps
des raccourcis dans tes collines
des ponts menant
à mon fleuve Saint-Laurent en Charlevoix
regarde
nos souvenirs s’y installent endimanchés
prêts pour une photo de groupe
s’élaborent au fil des jours entre nous
au milieu d’explosions d’étoiles
des nébuleuses brillantes
des galaxies où chaque mot est un astre
chaque virgule et chaque point
des planètes et des comètes
créant de belles ellipses d’émotions
et où des centres de l’univers
jaillissent en boules ignées
de notre amitié solaire
te voilà illuminée désormais
si fort en ton être
que ta part d’ombre recule
comme si tu avais arrêté le temps
au moment où la pleine lune
éclaboussait de clarté
ta silhouette océane
tu peux marcher sans couler maintenant
sur les eaux de la souffrance humaine
et retenir par le bras ceux qui s’y enfoncent
sous le poids de leurs peines
les hissant les installant dans ta barque
pour les mener sous des brises de tendresse
aux ports de la mort ou d’une nouvelle renaissance
© Marie Cholette, le 13 mai 2011. Tous droits réservés.
Je suis l’adulte folle de poésie et toi Hokusai tu te disais le vieillard fou du dessin la folie était peut-être pour toi la seule manière valable authentique d’approcher l’art la folie telle une démarche vers l’enfance inscrite à la fois dans la durée et l’espace
à un âge avancé tu disais ignorer encore la vraie nature des oiseaux des poissons et moi j’ignore encore ce que sont les vrais oiseaux les vraies plantes et les vrais arbres un mystère sans doute dont on se rapproche au seuil du mourir
mon regard où s’y perdent encore trop de scènes du passé trop de photos collées sur les paysages telles des paravents et qui les masquent
laisser venir à soi les choses la nature cette totale disponibilité requise afin de commencer à marcher dans le sentier du connaître
mettre à nu le regard lui enlever dessus son dos son lourd paletot d’habitudes
Hokusai d’estampes si belles ton regard a été l’ouvrier et elles m’aident à voir la mer et les oiseaux tels qu’ils sont
Hokusai dans ton monde flottant d’images l’ukiyo-e est comme la beauté d’un léger pétale de fleurs de cerisier
© Marie Cholette, le 15 juin 2011. Tous droits réservés.

Emoi des mouettes scintillantes embrasées emportées par le roulis fluvial il fait si beau que la gestuelle des vents des oiseaux devient soudain plus ample englobant tout entier le vivant
les ondes brasillent sous l’oblique de la lumière embrassant les paysages dans les sursauts de leur phosphorescence à laquelle librement un à un ils se plient
un courant d’air s’engouffre au moment où les portes de l’espace et du temps s’ouvrent
les brisants nuageux floconneux d’embruns se brisent sur le bleu trop bleu du ciel
il y a un enfant sur le bord de la berge est-ce pour cela que tout ce qui passe devant ses yeux semble prendre les formes et les couleurs vives de l’ensemble des dessins qu’il a faits et auxquels la nature en son entier à un haut degré de ressemblance s’est pliée
je me tiens au complet dans la présence si grande de l’instant vécu par cet enfant avec des ciseaux il a réussi à me découper sans dépasser dans les cartons colorés de son cahier à dessiner
© Marie Cholette, le 30 mai 2011. Tous droits réservés.

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