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Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 08:53

Pourquoi faut-il toujours que je me pose des questions ?

Pourquoi faut-il toujours que je cherche le pourquoi des choses ?

Il serait si simple de prendre ce qui se présente, le bon comme le mauvais, le gai comme le triste sans tenter de savoir toujours où est le bien, où est le mal, s’il faut en rire ou en pleurer ?

Maintes fois déjà à vouloir savoir ce qu’il fallait faire ou ne pas faire je n’ai réussi qu’à passer à côté de ce qui m’était offert.

Faudra-t-il encore que je marche longtemps avant d trouver le repos ?

Mon âme, oh mon âme ne ma laisseras-tu jamais en paix ?



                ☥☥☥☥☥



Jadis, chaque fois qu’un événement venait m’agresser ou heurter mon bien être, j’étais persuadée qu’il était nécessaire et inévitable, me servant de cette philosophie pour excuser mes échecs. Quel que soit le malheur ou le bonheur qui m’incombait, je le pensais utile. Recherchant, dès le moment d'exaltation passé, où il devait me conduire, ébauchant les différentes voies vers lesquelles il allait falloir me diriger en conséquence même de l'événement. Aujourd’hui, bien que je garde cette certitude de la raison d’être de chaque fait et de chaque acte, je n’ose plus envisager, je me perds dans toutes sortes d’inquiétudes qui resurgissent immanquablement. 



☥☥☥☥☥



Rien ne sert de se poser des questions, quand d’avance on sait qu’on ne pourra pas y répondre !



☥☥☥☥☥


Où est-il le temps merveilleux où je prenais la vie comme elle s’offrait à moi ?

L’insouciance est le trésor de la jeunesse, laissons-lui le loisir de l’employer à fond. Dès que le vice de la réflexion s’est emparé de nous il n’est plus de bonheur possible. 

Plus de journées paisibles à rêver au soleil sans craintes des brûlures.

Plus de sourires gratuits à l’inconnu qui passe sans crainte des blessures.

Et j’ai été si douloureusement brûlée et si profondément blessée que la plaie, je le crains, ne se refermera jamais.

D’amour et d’amitié j’ai subi les tortures. j’ai ouvert mon coeur sur le froid et la glace et j’ai versé des larmes à m’en vider les yeux. Je n’ose plus et j’ai du mal à croire lorsqu’au détour d’un jour je croise un beau regard. Car, certains m’ont trahie, d’autres m’ont oubliée, d’autres s’en sont allés sans m’avoir donné tout ce qui m’était, sans m’avoir laissé le temps de pouvoir leur dire tout ce que je savais, le temps de leur offrir ce que je leur cachais !



☥☥☥☥☥




Mes seize ans, ma jeunesse où vous ai-je laissés ?

Longtemps je vous avais gardés en moi comme une réserve de bonheur, mais aujourd’hui que j’aurais tellement besoin de vous, vous avez disparu à jamais enterrés !


C’était une autre qui courait dans les bois, qui riait de la vie et de la mort aussi. C’était une autre qui explosait de joie au plus petit sourire, qu’un simple mot aimable transportait de bonheur. 

Où es-tu donc passée, fillette, jeunette que j’étais ? 

Où es-tu ?

Reviens, reviens m’apprendre à vivre, montre-moi la façon d’accepter les cadeaux, de remercier la vie, la terre, le ciel de tout ce qu’ils me donnent.


Quelques heures durant, je crois te retrouver. Mon coeur bat comme le tien a battu jadis. Mes yeux ne pleurent plus et j’entends cette voix avec ton attention.

Que la vie était douce au temps de mes seize ans. 

Douce, fraîche et bondissante.
Un torrent de montagne qui court de pierre en pierre en aspergeant çà et là la mousse verte des prés. La vie était bonheur et du rire seulement tu voulais te nourrir. Les larmes et les peines, tu les emprisonnaient au fond de ton armoire. Te souvient-il même qu’il t’arrivait parfois de t’inventer des malheurs pour te faire pleurer. 

Un monde de quiétude, d’insouciance totale.

Un monde que j’ai quitté.

J’ignore désormais les fou-rire exquis qui te laissaient pantoise au bord de la folie. J’ignore l’émotion d’une main que l’on frôle, les regards complices qui t’élevaient le coeur jusque au bords des larmes.

Tu étais libre, fillette.

Libre de croire en tout, libre de tout aimer !


  Et me voilà aujourd’hui prisonnière du passé !

Combien de temps me faudra-t-il pour retrouver ma liberté ?


Le sable sous lequel j’ai si longtemps caché ma tête me pique encore les yeux. Le carcan derrière lequel je me suis protégée me colle encore à la peau. Il est dur de naître à trente ans sans autre recours que d’être enfin soi-même.

Mais ce mur, cet écran derrière lequel ils m’ont isolée, qui brouille ma vue et qui retient ma vie, il faudra bien que je le brise !




☥☥☥☥☥



Te souviens-tu encore de ce matin tout gris

où tu es arrivée et qu’il t’a sourit.

Te souviens-tu alors que c’est lui qui t’a dit :

“J’ai besoin d’une fille, j’ai besoin d’une amie....




☥☥☥☥☥




Le passé, le présent se chevauchent. 

Désormais, tout s’affronte, la fillette éblouie, la femme que je suis...

Mais c’est de ce matin-là qu’il faut que je reparte si je veux retrouver la fillette oubliée. C’est à ce matin-là qu’il me faut revenir. Refaire le chemin pas à pas, pierre à; pierre. Et, parce que d’aussi loin que mes souvenirs reviennent j’ai toujours gardé en moi cette image de deux personnages opposés, celui que j’étais réellement, incompris et incapable de comprendre le monde extérieur, et celui que les autres voulaient que je sois, j’ai la certitude que c’est de ce sourire qu’il faut que partent mes recherches si un jour je veux parvenir à me réconcilier.


Autrefois, naïve et insouciante, seul, pour moi, le temps présent comptait. Je jouissais pleinement de chacune des secondes à vivre. Tout était prétexte au bonheur. J’ignorais tout. Je ne voulais rien savoir. nullement pressée de rencontrer demain.

Etait-ce mieux ?

Etait-ce bien ?

Est-il préférable de se prémunir, de s’assurer contre tous les risques probables? 

Calculer, réfléchir et finalement en oublier de vivre...


Et si j’étais seule responsable de ce naufrage ?

Si cet oubli de vivre était de ma seule volonté ?


Car ce n’est pas du départ des autres, Monsieur de Lamartine, que la terre se dépeuple, mais seulement du refus que l’on s’impose de continuer sans eux ! Alors, tout s’oppiace comme au travers d’une vitre fumée, tout s’embrume imaginant dès lors chaque fait, chaque geste tel qu’il aurait pu être. Aveuglé par l’absence, guidé par de faux espoirs, suivant un chemin irréel pour n’en tomber que plus aisément dans tous les pièges de la réalité que l’on veut oublier.


J’avais mal au coeur, mal à la tête, mal au corps et plus je cherchais à guérir, plus je me contaminais. Plus je cherchais à m’en sortir, plus je m’enfonçais. 

Le remède était à portée de ma main et je le cherchais au bout de l’avenir !

La vie suivait son cours. mes parents, mes amis, tous s’éloignaient de moi et je ne comprenais pas. Je leur en voulais de m’avoir oubliée alors que c’est moi qui ne les suivais pas !


Autrefois, naïve et insouciante, seul, pour moi, le temps présent comptait. Je jouissais pleinement de chacune des secondes à vivre. Tout était prétexte au bonheur. J’ignorais tout. Je ne voulais rien savoir.      Nullement pressée de rencontrer demain.

Etait-ce mieux ?

Etait-ce bien ?

Est-il préférable de se prémunir, de s’assurer contre tous les risques probables? 

Calculer, réfléchir et finalement en oublier de vivre...


Et si j’étais seule responsable de ce naufrage ?

Si cet oubli de vivre était de ma seule volonté ?


Car ce n’est pas du départ des autres, Monsieur de Lamartine, que la terre se dépeuple, mais seulement du refus que l’on s’impose de continuer sans eux ! Alors, tout s’oppiace comme au travers d’une vitre fumée, tout s’embrume imaginant dès lors chaque fait, chaque geste tel qu’il aurait pu être. Aveuglé par l’absence, guidé par de faux espoirs, suivant un chemin irréel pour n’en tomber que plus aisément dans tous les pièges de la réalité que l’on veut oublier.


J’avais mal au coeur, mal à la tête, mal au corps et plus je cherchais à guérir, plus je me contaminais. Plus je cherchais à m’en sortir, plus je m’enfonçais. 

Le remède était à portée de ma main et je le cherchais au bout de l’avenir !

La vie suivait son cours. Mes parents, mes amis, tous s’éloignaient de moi et je ne comprenais pas. Je leur en voulais de m’avoir oubliée alors que c’est moi qui ne les suivais pas ! J’étais restée debout au bord d’un trottoir tenant une toute petite fille par la main. Deux êtres, deux orphelines, deux plaies ouvertes au coeur, deux bonheurs partis : La tendresse et l’amour.


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Vendredi 2 octobre 2009 5 02 /10 /2009 11:46

Mercredi 23 janvier 1991.



Une semaine que les bombardiers sont passés dans le ciel de minuit. Leurs grondements sourds résonnent encore dans ma tête. Depuis, aucun arrêt, aucun repos. Inlassables, ils passent et repassent , larguent leur chargement et repartent chercher une nouvelle livraison, pour la déposer avec une précision, une minutie, chirurgicale est le mot employé ! Au centimètre près ! Les trous qu’ils creusent depuis maintenant cent-cinquante heures demeurent invisibles. La ville, les murs de la ville sont toujours là, droits, rigides, implacables et fiers ! Les murs sont là, les façades, les toitures, des semblants de maisons aux entrailles éclatées. 


Moi aussi je reste debout, droite, rigide, implacable et fière. Chaque bombe lâchée m’arrache le coeur. Tant d’heures à coeur ouvert ! Combien de temps cela peut-il encore durer avant que tout s’écroule ?

Où courir, où aller, où s’enfuir, où crier ? 

Tous les chemins barricadés, fil de fer, carcasses rouillées !

Tous mes chemins se sont fermés !

Laisse les bombardiers déverser sur la terre leur tonne de mortier !

Laisse pleuvoir sur la terre les larmes meurtrières de ces fous d’hégémonie. 

Oublie le cri des enfants éclatés dans leur chair, oublie les portes qui s’ouvrent et se referment dans un claquement d’enfer. 

Oublie !

Vole plus loin, vole plus haut et ne gâche plus ta vie à attendre en vain l’intelligence des hommes. 

Oublie tout ce qui te fait mal !

Au loin, au couchant rouge et or se dessine un espoir. Quelques notes perlées d’une guitare à l’accent péruvien. Le petit train fatigue pour gravir la côte. 

Au loin sur une île glacée dans un lac bleu gelé, son coeur a ralenti. Battements espacés de la vie, de la vraie. Rythme ton coeur, accorde tes battements au son de la musique du soleil couchant!

Sur ton cahier tu as tracé des traits fins, nets, propres, droits ou un peu ondulés. Des traits que le vent dessine, frais, infiniment légers. Tu aimes tant écrire sur les traces du vent… Laisse aller ton crayon et laisse aller ton coeur vers les vrais sentiments !

La guerre est là, au fond de toi, au fond des hommes, au coeur même de la terre. Mais ta guerre, tu t dois de la vivre et de la gagner sans compromis, sans fausses excuses. Suis sans faillir les lignes éventées, plus loin, jusqu’au bout ! Les volcans un jour ou l’autre te seront accessibles. La chaleur de leur lave saura te réchauffer !


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