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Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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La naissance d’Ejiom
Il est là, ce petit chemin qui , un jour, c’est enfin dessiné devant moi.
Il est là, tout tordu, tout herbu, caillouteux à souhait, ensoleillé ou ombragé. Un petit chemin comme il y en a tant, comme il n’y en a aucun.
Plein de senteurs et de parfums, plein de soupirs et de caresses.
Mon chemin!
Celui que j’ai débroussaillé à coups de pied ou de hachette, que j’ai foulé ou refoulé de mes sabots crottés, de mes souliers vernis. Son ombre est douce et fraîche et sa lumière est tendre.
Aujourd’hui, je suis là, au carrefour, au coeur même de ma vie. Le passé qui se fond là-bas dans l’ombre brumeuse des souvenances et l’avenir qui se pointe aux jours des trouées du soleil, à quelques pas. Ils m’entourent tous les deux de leurs bras protecteurs, l’un me conforte, l’autre m’attire sans plus, maintenant, m’inquiéter. Jamais plus ils ne s’affronteront, plus jamais ! Ils se confondent, se marient, s’enlacent, se séparent autour d’une ornière pour m’en éviter les éclaboussures et s’épousent à nouveau sous l’abri des feuillages. Ni l’orage, ni la neige, ni le vent ne les délient, ne les délieront plus.
Le temps est immobile, passé, présent, avenir... Là, toujours là et c’est nous qui passons.
A grands, à petits pas, pas de loups, pas de souris, pas de géants... -Je me souviens d’une
chanson d’enfant...- C’est nous qui avançons.
Le temps est immobile, c’est notre lit, le lit du fleuve qui coule et coule sans jamais s’arrêter. Toujours les mêmes images, les mêmes petites vagues qui clapotent au rebord de la berge,
toujours, presque la monotonie et pourtant toujours à espérer !
© ejiom Suel 1988 tous droits reservés
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