Partager l'article ! D'Everel à Emanom...: Extrait : J’ai donc pris mon cahier et mon crayon pensant pouvoir écr ...
Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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Extrait :
J’ai donc pris mon cahier et mon crayon pensant pouvoir écrire ici, assise sur la coque d’un des bateaux endormis. Mais mes doigts sont gelés et je dois me contenter de regarder autour de moi. Enregistrer les parfums, le climat, l’atmosphère dont il faudra me souvenir plus tard. J’ai donc posé mon cahier sur mes genoux, j’ai rangé mon crayon dans ma poche et j’ai ramassé, toute blanche, toute frêle, la plume d’un des cygnes que je vois flotter en face de moi à l’abri de la berge opposée. Comme j’aimerais le rejoindre. M’asseoir au creux de ses ailes et avec lui, ne plus rien attendre, ne plus rien chercher. Me laisser vivre au fil de l’eau, me laisser couler au fil des jours. C’est vrai qu’il serait bon parfois de tout laisser tomber. Effacer carrément l’ardoise et se perdre dans le noir sans but ni raison. Mais déjà une foule de problèmes m’assaille que je voudrais pouvoir oublier. Je suis perdue. Dépasser par des événements dont je ne parviens plus à mesurer l’importance. Ils s’entassent sur mes épaules comme la poussière sur mes meubles. Je tourne en rond, je cherche en vain la sortie de secours. Même le sas d’oxygène que j’ouvrais il y a si peu de temps encore, me fait peur. Je le vois rempli de gaz carbonique. Je me sens piégée, comme paralysée sans savoir d’où cela vient. Depuis trop longtemps déjà, je passe ma vie à attendre.
Attendre quoi ?
J’appelle ça de l’espoir !
L’espoir de quoi ?
Je piétine, je me perds, je me gaspille goutte à goutte repoussant l’échéance chaque jour au lendemain. Et plus je réfléchis, plus je m’enfonce dans un gouffre d’incertitudes, de désespoir. Ma logique s’effondre devant tant d’injustices, j’ai envie de crier à plein poumon...
POURQUOI ?
Mais déjà je sais qu’aucune voix ne me répondra.
La vie m’attire et m’inquiète en même temps !
Je ne sais plus où elle commence ni où elle va finir !
Va-t-elle se briser sur quelques rochers acérés qui l’anéantiront ? Je maudis soudain ce trop long hiver qui n’en finit pas de s’éteindre . Repoussant sans cesse le printemps de ses attaques sournoises. Gelées après gelées, neige molle sur brouillard. Déjà quelques bourgeons tentent leurs feuilles frêles vers le ciel clair du matin et le vent du nord prend un malin plaisir à s’y faire les dents.
Je déteste l’hiver !
Moi aussi j'aime pô l'hiver...et t'as vu?
En ce moment c'est plutôt l'été qui resiste!!! :)
Bonne journée mamichelle et je te souhaite encore un joyeux anniversaire!