Partager l'article ! mercredi 23 janvier 1991: Mercredi 23 janvier 1991. Une semaine que les bombardiers sont passés dans le ciel ...
Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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Mercredi 23 janvier 1991.
Une semaine que les bombardiers sont passés dans le ciel de minuit. Leurs grondements sourds résonnent encore dans ma tête. Depuis, aucun arrêt, aucun repos. Inlassables, ils passent et repassent , larguent leur chargement et repartent chercher une nouvelle livraison, pour la déposer avec une précision, une minutie, chirurgicale est le mot employé ! Au centimètre près ! Les trous qu’ils creusent depuis maintenant cent-cinquante heures demeurent invisibles. La ville, les murs de la ville sont toujours là, droits, rigides, implacables et fiers ! Les murs sont là, les façades, les toitures, des semblants de maisons aux entrailles éclatées.
Moi aussi je reste debout, droite, rigide, implacable et fière. Chaque bombe lâchée m’arrache le coeur. Tant d’heures à coeur ouvert ! Combien de temps
cela peut-il encore durer avant que tout s’écroule ?
Où courir, où aller, où s’enfuir, où crier ?
Tous les chemins barricadés, fil de fer, carcasses rouillées !
Tous mes chemins se sont fermés !
Laisse les bombardiers déverser sur la terre leur tonne de mortier !
Laisse pleuvoir sur la terre les larmes meurtrières de ces fous d’hégémonie.
Oublie le cri des enfants éclatés dans leur chair, oublie les portes qui s’ouvrent et se referment dans un claquement d’enfer.
Oublie !
Vole plus loin, vole plus haut et ne gâche plus ta vie à attendre en vain l’intelligence des hommes.
Oublie tout ce qui te fait mal !
Au loin, au couchant rouge et or se dessine un espoir. Quelques notes perlées d’une guitare à l’accent péruvien. Le petit train fatigue pour gravir la côte.
Au loin sur une île glacée dans un lac bleu gelé, son coeur a ralenti. Battements espacés de la vie, de la vraie. Rythme ton coeur, accorde tes battements au son de la musique du soleil couchant!
Sur ton cahier tu as tracé des traits fins, nets, propres, droits ou un peu ondulés. Des traits que le vent dessine, frais, infiniment légers. Tu aimes tant écrire sur les traces du vent… Laisse aller ton crayon et laisse aller ton coeur vers les vrais sentiments !
La guerre est là, au fond de toi, au fond des hommes, au coeur même de la terre. Mais ta guerre, tu t dois de la vivre et de la gagner sans compromis, sans fausses excuses. Suis sans faillir les lignes éventées, plus loin, jusqu’au bout ! Les volcans un jour ou l’autre te seront accessibles. La chaleur de leur lave saura te réchauffer !
Bonjour
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