Encore pas trop fière sur ce coup là !
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La morte
Sur une plaque de marbre froid, tu reposes.
La symphonie inachevée d’un soupir,
sur le frottis blanc de la toile, s’est figée.
Les notes de la gamme se sont tues.
Les gouaches et le pinceau sont tombés.
Tous les mots du poète, effacés.
Blancs silences aux rondeurs blafardes
Sur les joues de l’amant qui regarde.
La Vermine
Je voulais faire des rimes,
je voulais faire des vers.
Mais je n’ai pas de mine,
je n’ai même pas l’air.
Si parfois je dessine
un semblant de cratère,
si je survole des cimes,
c’est toujours à l’envers.
Et les buissons d’épines
me cachent les parterres
de roses et d’églantines,
de mousse et de bruyère
Souriez à ma ligne,
vous sanglotiez naguère.
sur le bord de l’abîme
que vos larmes amères
ont creusé sans racine
au pied de ma misère.
Souriez à mes rimes,
vous verrez le revers
de la petite frangine
qui n’en avait pas l’air.
Souriez, elle dessine
Souriez, elle sait faire
avec sa petite mine,
des chansons sans col vert,
sans foi, sans loi, sans rime.
Rien que sa petite mine
qui n’en a même pas l’air.
Une note badine,
un refrain ordinaire,
une fleur qu’elle devine,
une pluie d’Angleterre,
une perle après l’épine,
rouge comme au revers
de votre -j’attends la rime-
de votre boutonnière.
Souriez, je dessine,
souriez, je devine,
souriez, je préfère
avec ou sans Rosine, je préfère mes vers..
Anywhere
Après ces souvenirs qui ne sont pas les miens
Où aller ?
Où courir ?
Sur quel autre chemin
Pouvoir revenir ?
D’Afrique ou d’Austrasie qui me sont si lointains
Où rêver ?
Où sourire ?
Vers quel autre chemin
Pouvoir s’endormir ?
Anywhere, out of...
Beaudelaire en soupire
Résumé : nous avions
laissé Cat, l'héroïne, en proie à un questionnement insoutenable, face à la proposition (honnête) de Pierre!
Qu'en adviendra-t-il ?
Lisez la suite et vous saurez peut-être où toutes ses réflexions emèneront notre jeune amie.
2ème pisode.
C’est avec soulagement que je referme la porte de mon appartement. Je suis trempée, j’ai froid. Je me jette sous une serviette, la tête en bas, je frotte, je frotte mes cheveux très fort,
jusqu’au vertige. Quand je me redresse, j’ai l’impression (on dit que la première est toujours la bonne) de retrouver un certain équilibre… Comme quoi, tout est relatif ! Mais ce bel élan
d’optimisme est de courte durée. Le temps que mon regard se pose sur le miroir au-dessus du lavabo et me voilà à nouveau plongée au plus profond de la déprime.
C’est moi, ça ?
Un coup de brosse. Je me force alors à fixer l’image qui me fait face. Je suis maso , sans aucun doute ! On dirait une souris, ce petit nez pointu, ces petits yeux noirs… Plus je me regarde et plus j’ai envie d’un morceau de gruyère !
Tiens, si je la changeais cette image ! Si je lui donnais un coup de neuf, histoire de… Les cheveux ! Oui, je pourrais éventuellement les raccourcir. D’une main, je les maintiens derrière ma nuque et de l’autre je repousse la frange. Pas mal ! Ou alors, le genre Kate Bush, tout ébouriffé, en pétard ! Non, impossible, un brushing tous les matins… Pas mon genre !
Moi, ce serait plutôt la Liberté avec un grand L. Qu’il s’agisse de ma coiffure ou de ma ligne de vie : « Vas où le vent te mène»
Finalement, à bien y réfléchir, vous êtes bien ainsi, mes cheveux adorés, je ne vous couperai, ni ne vous friserai ! Votre longueur me sied ! Me permettant d’être, un jour petite fille en vous nattant, le lendemain, étudiante sérieuse en posant deux barrettes aux mèches du devant ou encore sportive, grâce au bandeau d’éponge, ou bien tout simplement, rester Cat sans rien vous imposer que le souffle du vent !
Si tôt dit, si tôt fait, les voici qui s’envolent d’entre mes doigts glacés et dans un souffle d’aile sur mes épaules frêles reviennent se poser .
Bon ! Assez déconné ! J’en oublierais presque que j’ai le cafard …
C’est pas sérieux tout ça !
Un dernier coup d’oeil à la glace… Tiens, c’est déjà moins critique !
Vite, j’éteins la lampe et je quitte la salle de bain pour aller m’étendre sur mon lit d’où j’ai une toute autre vue, et beaucoup plus intéressante, celle-ci, en l’occurrence, le poster de la mappemonde que j’ai accroché à mon plafond !
L’année dernière j’avais une chambre U, pas le pied ! Aussi dès la rentrée je me suis installée dans ce petit appartement. Je suis plus libre, je me sens chez moi ! Bien-sûr c’est un peu plus loin de la FAC mais, je ne croise plus à chaque aller-retour, les mêmes têtes d’étudiants en mal de vivre ! Trop nombreux déjà sont ceux que je suis obligée de côtoyer pendant les heures de cours. Quoi de plus égocentrique qu’un étudiant, deux peu-être, mais ils se ressemblent tant qu’on pourrait croire qu’ils ne sont qu’un et ce dont je suis certaine, c’est que je ne serai jamais celui-là !
Plusieurs fois l’année dernière, j’ai eu envie de tout plaquer. Heureusement, j’ai tenu bon ! Je me suis fixée un but et quel qu’en soit le prix, je l’atteindrai ! Quelques années d’études encore et après je partirai. Les petits boulots des vacances, aucune dépense inutile pendant le cours de l’année et un pécule voyage qui grossit au fil des mois… pas une fortune mais assez pour partir chez l’habitant.. C’est comme ça que j’envisage les voyages . Travailler sur place et apprendre à connaître les gens du cru ! Quand je fixe la grande image du monde, je suis déjà partie, avec tous ces gens que je ne connais pas mais que je connaîtrai un jour ! Tous ces gens plein d’histoires et de vies à me raconter. Je me cramponne à mes espoirs, un jour je sais, je partirai et je vivrai comme j’ai toujours rêver de vivre !
Il m’arrive parfois, comme ce soir, d’avoir peur . Peur que l ‘envie me quitte, peur de prendre des habitudes et finalement, me trouver bien ici, me contenter de mes rêves … Depuis longtemps, trop longtemps, je voyage dans ma tête, dans ma tête uniquement, grâce à ceux qui , eux , ont fait les voyages avant moi et viennent me les raconter. Mais c’est sur place que je veux aller voir, sentir à plein poumons et à pleine peau l’air des pays et des hommes lointains. Ici, coincée dans cette ville grise, il me semble que j’étouffe. Mes bols d’air je les vole à ceux qui se racontent le soir entre mes draps, à tous ceux qui sont venus, que j’ai suivis, pour une nuit, pour un voyage gratuit !
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Comme en terre !