Je suis le résultat de ce que la passion déchaîne en moi la torsion du tronc d’un arbre
l’empêchant de toucher les étoiles un feu si vaste qu’il en brûle son objet des bras tendus dont on couperait les mains pour les empêcher de dire à ton corps en personne tout le bien qu’elles te
feraient
dans ma chair je suis à l’étroit j’attends ta présence afin que tu lui offres ton espace à la tienne réunie et si ma douleur face à ton absence répond exactement à la pointure de ta douleur nous aurons tant à nous regarder les regards bleus au-dessus du fleuve Saint-Laurent de la Méditerranée n’auront jamais terminé leur danse à peine engagée nos yeux s’aimeront et il en naîtra tant de portées qu’elles sauront tout de suite les unes devant les autres s’émerveiller
j’ai contemplé une tempête de neige qui m’a possédée de par ses vents déchaînés elle m’a enchaînée de ses légers liens blancs et que j’aimerais faire de même ma douce ma tendre avec toi car devenant moi-même une tempête toute la neige de mes baisers sur ta chair je déposerais sans compter et je neigerais dans tes bras
des déferlantes neigeuses de la neige folle nous avons sur nous et sur toi je fais du ski extrême mon amour tous les risques je prends dans ta poudreuse je slalome à une vitesse que je ne pensais jamais atteindre et c’est l’hiver de joie l’hiver du plein soleil au zénith qui trace de ses rayons bien aiguisés si étroitement la silhouette du ciel bleu et cette silhouette en même temps que toi je l’épouse en te dévalant et je crie mon amour d’ivresse en ce Massif de Charlevoix où mon fleuve Saint-Laurent à tes pieds est en train de faire sa lessive et de tordre ses glaciers
je te pulvérise ma neige folle qui me monte le long de l’habit de neige frôlant ma tuque et se dressant si haute à mes côtés telle un voile de cristaux brillants que d’un trait en descendant je soulève au fur et à mesure
mes skis s’enfoncent en toi dans tes rembourrures si légères de plumes d’oie et c’est ton extase blanche qui s’offre à mes yeux en s’élevant tout doucement me maquillant les joues les cils et les sourcils de poudre d’avant-scène
le fleuve déployé à nos pieds est éperonné par des brise-glace mes skis rentrent en toi mon amour et dans le fleuve j’entre en eau salée comme en religion
les sapins géants dont les bras ploient sous de blancs fardeaux s’élèvent de chaque côté de la montagne vertigineusement et je m’enfonce en toi m’enfonce mon amour alors que le froid se fixe à chaque partie de mon corps afin que je ne ressorte plus jamais de toi
© Marie Cholette, le 21 janvier 2012. Tous droits réservés.






Comme en terre !