Quand la poésie se met à parler de la révolte humaine... MAGNIFIQUE !
Peuples à voilure déployée
Peuples j’ai vu en vos gestes déployés comme voilure
des corps prendre la parole des corps danser faseiller
telle une foule amarrée qui a brisé les filins d’acier qui la retenaient
au port
vos voiliers se pressent les uns contre les autres jouent à
saute-mouton avec les vagues
vos gestes et vos mouvements enfouis si longtemps dans le cimetière
de vos vies rêvées
vous les sortez l’un après l’autre de leurs tombes
seule l’espérance aura empêché qu’ils ne meurent faute de bras de mains
de têtes de jambes à habiter
soudain vos corps s’emparent comme s’ils les volaient
des mouvements retirés des boules à mites des garde-mouvements
des gestes des garde-gestes que des gardes du corps retenaient sous scellés
une fortune de chorégraphies s’accumulait à l’écart de votre esclavage forcé
les danses se pliaient malgré elles aux ordres des grands
regrettant de ne pouvoir s’afficher colorées aux bras des simples gens
des foules des foules innombrables de danses ont rejoint maintenant
la compagnie corporelle des exaltés des rues
des milliers des milliers de bouches réapprennent à se servir
des mots s’enfargent dans les phrases courent et tombent entre leurs bras
la joie ressort des tubes pressés du langage comme couleurs à verser
sur des toiles immenses
la joie sans retenue s’étend sur le tableau sans cadre du jour
la joie explose de sa batterie de feux d’artifice
posés sur les rebords de la nuit
les étoiles sont là pressées les unes contre les autres
je ne les reconnais plus mêlées à la multitude
le ciel à la terre s’est substitué le temps de la fête
et moi à vos foules en liesse j’accours
© Marie Cholette, le 3 mars 2011. Tous droits réservés.







Comme en terre !