Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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Le petit nouveau "Au bout du compte"
né le 24 janvier 2011
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La marée du Saint-Laurent est à l’étale
La brise y passe sur la pointe des pieds
Pour ne pas réveiller les reflets sur l’eau
Où chaque nuage inversé sur le fleuve
Ressemble à une icône
Posée sur de la transparence
Une femme soudain apparaît
Son pied ensablé rejoignant
Les éclats de rire des vagues
Son autre pied happé par l’écume
Le vent s’est réveillé
La chevelure de cette femme
S’en est emparé
Et lui dessine de ses pinceaux par milliers
À larges traits
dans un puissant corps accord
L'infinie variation des gestuelles de sa passion
Et c’est sa robe blanche
Dénudée
Par en avant soulevée
Qui valse avec l’écume
Les vagues les mouettes
Les nuages et les flots
© Marie Cholette, le 24 janvier 2011. Tous droits réservés.
Je vous ai déjà présenté Marie Cholette. Chacun de ses textes me fait vibrer. Ses phrases et ses mots sont comme des images qui défilent dans ma tête à chaque lecture. Une vraie poète.
Les branches de l'arbre humain
Comment te rejoindre, homme, femme, enfant
alors que l’espace est pieds et poings liés
qu’Hiroshima
Fallujah
la Palestine
et tant d'autres de mes amours
ont un souffle au cœur
Comment te reconnaître
alors que la torture les radiations te défigurent
en ces millions de corps et de visages
Le cri des explosions
bâillonne l’amour
je n’entends pas encore le silence
de toi à moi
et les mitraillettes hoquettent ta voix
Je ne t’entends plus mon amour
Je te cherche sur le chemin
d’une longue errance
entre les maisons suppliciées, à genoux
sous les décombres de la misère
Les branches de l'arbre humain
Tant de cris, de douleur
que je n’ai plus la souvenance
dans un ciel aménagé de tes yeux à mes yeux
du passage sonore de la migration des
oies blanches
de l’effleurement rose de l’aube sur ta joue
de l’explosion nucléaire de la beauté
épanouissant tes lèvres et les fleurs
Tant de cris, de douleur
que je n’ai plus la souvenance de ton nom
que mes yeux ne distinguent plus les
paysages
que je ne perçois plus les murmures de l’eau
je bute sur des monceaux d’indifférence
Quand ne trouverai-je plus
de saison en saison
au bout des branches de l’arbre humain
une récolte perdue de fraternité?
© Tiré du recueil de poèmes de Marie Cholette intitulé « Chorégraphies ». Québec, les éditions Au long cours, collection Poésie, 1989, pp. 73-74. Tous droits réservés. ISBN 2-9800664-1-9.
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