Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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Le petit nouveau "Au bout du compte"
né le 24 janvier 2011
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Quel sale temps !
Quel sale temps !
J’ai horreur de cette grisaille, partout, de cette humidité froide qui pénètre, qui se plaque sur tout . C’était si beau, la neige, ce matin. Blanche comme un duvet, comme de la ouate. C’était frais, c’était pur et voilà, voilà ce qu’il en reste ! Une boue grise, mouillée, dans laquelle on patauge et on se gèle. Je resserre ma cape autour de moi tout en tentant d’éviter les flaques qui envahissent le trottoir. Et ces voitures qui m’éclaboussent ! J’aurais mieux fait de prendre le bus ! Quoi que… A choisir je préfère encore le froid humide de la rue au climat moite qui stagne dans les cars ! Au moins, ici, n’ai-je pas à supporter le regard vide et triste des passagers !
Il me tarde d’être chez moi. Je quitterai mes fringues trop lourds qui m’étouffent. Je prendrai une douche et je me mettrai au lit ! C’est rare que je rentre seuls chez moi ! C’est rare que j’aie le cafard ! Ce soir, je ne sais pas pourquoi, ça ne va pas, j’ai envie de chialer, la vie m’attriste, elle me fait peur comme cette neige qui fond et qui pourrit…
Cat ! Cat !
Ah non, c’est pas vrai !
Cat, attends-moi !
J’hésite. Qu’est ce que je fais ?
Cat !
Je m’arrête au moment où il arrive à ma hauteur.
Cat, écoute !
Et ça y est, cette envie de chialer qui me reprends. Je repousse mes cheveux trempés qui me collent au visage.
Ben ! Qu’est ce que tu as ?
Comme toi, mon vieux, le cafard ! Excuse-moi, Pierre, mais j’ai vraiment besoin d’être seule. On se voit demain, d’accord ?
Je pars très vite après lui avoir fait une bise sur la joue. Non, pas ce soir. Pour une fois j’ai besoin d’être un peu à moi. J’espère qu’il comprendra… Mais je suis mal à l’aise, des scrupules de l’avoir planté là. Je l’aime bien, Pierre. Il est souvent paumé, il se pose des tas de questions. Un vrai gosse. Tout en marchant je l’imagine les bras ballants, déçu, triste sûrement que j’aie refusé sa présence. Peut-être même qu’il pleure ? En évoquant son visage d’enfant aux cheveux raides, ses yeux noisette noyés de larmes, je suis prête à rebrousser chemin… Mais je resserre à nouveau les pans de ma cape autour de moi et j’accélère le pas pour plus vite m’éloigner de lui. Franchement, ce soir, je pourrais pas l’aider, j’suis trop paumée moi-même …
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