Le Mont Darfer d'Ejiom Suel à lire sans modération.
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Le petit nouveau "Au bout du compte"
né le 24 janvier 2011
chez edilivre.com
Mon Oncle
Je sais que tout ici ne dure qu'un instant.
Ta longue silhouette s’est couchée maintenant.
Tu reposes là-bas
tout près de cet étang...
Calme,
Tu te reposes enfin au pied du firmament.
Ta longue silhouette, les deux mains dans les poches,
passe sur les chemins où ma mémoire accroche
les pans de sa tristesse.
Tu as fini ta route.
Et Diane ta maîtresse
t’a pris à mon chagrin.
Tu as fini ta route
et Diane la traîtresse
a chassé ce matin.
Ils étaient des centaines au pied de la chapelle,
ils pleuraient, silencieux, recueillis et fidèles.
Mais tu as fini ta route...
Ils étaient des centaines au pied de la chapelle
les deux mains dans les poches, à ton
dernier appel.
Ta longue silhouette à jamais maintenant,
à toujours, nous appelle au pied de ton étang,
tout près de la chapelle où tu dors à présent.
Ecrire,
Pouvoir prendre une feuille, pouvoir prendre un crayon,
et que les mots se mettent seuls
à raconter les jours,
les bons comme les mauvais.
A dire les espoirs ou les cafards.
Les couchers de soleil et les réveils gris où la pluie dégouline sur les murs des prisons.
Pouvoir prendre une feuille, pouvoir prendre un crayon,
et que les mots tout seuls se mettent à l’unisson.
Kimdi
Imdi:
- Vas donc voir là-bassi jamais j’y suitais!
J’y vas ! Personne !
- Y a personne. Jidi.
- Tessure ? Imdi.
- Bin oui.
- Ouchsui alors ?
- Télà. Jidi.
- Tessure ?
- Bin oui ! Jirdi excédée.
- Tanmieu , j’savais pu où j’nétais. Jésu peur un ninstant. J’avais comme le tournis, tu sais le mildiou des zumains avec des bulles qui pètent à la surface et ksabou toutofon.
- Des primes ! Pagrav...
- Prime de risque ou primevères ?
- Pagrav ! Jirdi. Pi, jsaipas, j’suitais pas là non plus. J’te cherchais ! Comment tu veux qu’j’sache ?
- T’façon, tadi pagrav. Télà, cessa qui compte.
- Dis,Jidi ! Kimdi.Tessure que c’est pagrav ?
- J’suis sûre ! Jidi.
- Dis Jidi, si j’suitais pas comme ça, tu m’aimerais bien quand même ?
- Que j’veux, Jidi, J’t’aimerais même... Si tu suitais pas là !
- Bonne nuit ! Kimdi.
- Bonne nuit ! Jidi
Encore un jour...
Encore un jour qui passe,
encore un jour passé.
Encore un jour qui fuit, qui fond, qui fait...
Mais qui c’est qui fait l’con ?
C’est qui ce con de jour
qui s’enfuit sans façon,
sans faire face au frisson?
C’est qui cet’conne de nuit
qui s’effuie sans vergogne
au torfon de l’ennui ?
La fuit fait face au four !
Elle est folle celle-là
Si le four la foit
il va fondre sur elle,
comme un gros néléphant
sur la pauvre gafelleFOLIE !
Fou l’camp, ferfoutre !
Fait fuir les fantômes
du fruit de l’infamie.
FOLIE!
Faut faire quelque fose,
c’est la fin, c’est fini !
Faudra tout r’commencer!
Fait fier !
A Manda là
Mais non ce n’est point là
le nom d’une chanteuse.
C’est le jeu spirituel
d’âmes émerveillées.
Éveillées est le mot,
et mer, c’est pour le pied.
Mandala,
Mandalo,
tu joues comme un salaud.
Mandes-moi un mélo,
mandales et trémolo.
Mandala,
pédalo, sandales byzantines,
spartiates bigoudines,
amendez-vous gamines.
Mandez-moi c’que tu veux.
Damoiseau et moiselle,
les taxis de la marne,
le jeu de la marelle.
Moi donner Monde et Dieu
au mendiant médusé
demandant mes deux yeux
pour mirer le minoi
d’un manant déminé,
démuni et damné.
Mandez-moi plus encore,
momies écervelées.
Ma maman m’a donné
un mini mandalier où le mandala pousse
hiver comme été.
Mine d’or ou de manne,
toujours la même histoire.
Mandez-moi messieurs-dames
mandez-moi, mandez-lui,
si mon histoire vous dit,
je vous la manderai.
J’ai mouru.
J’ai mouru l’autre soir.
Mouru.
Plus te voir.
Plus d’espoir.
J’pouvais plus, j’voulais plus, j’savais plus.
Bonsoir !
J’ai voulu m’en aller.
Il faut pas m’en vouloir.
Aimer….
Jusqu’à la….
Aimer….
Même….même mal….
J’ai pas aimé mourir.
Mais véquir sans t’issoir, c’est bra pieu, c’est prein tir !
Viens donc voir mon malhoir.
Viens me faire ressourir.
Reviens sur mon grimoir !
Cœur nu.
Une rumeur monte.
Tu pleures des larmes jaunes.
Humeur de ton amour perdu.
Tu pleures !
Fantômes et revenants,
Draps blancs du souvenir,
Te hantent !
Leur chant s’égrène,
Notes de testament
Au vent de tes soupirs.
Miroir du désespoir,
Poésie de ton corps
Penché sur l’écritoire,
Tu fanes !
Cercueil ou coffre-fort ?
L’amour est mort !
Minuit,
Assise, je travaille,
poèmes, essais ou prose,
j’invente, j’écris, je baille
il est tard
à peine si j’ose...
Et soudain ils résonnent
sourds, lents, lugubres,
douze coups !
Les étoiles s’éteignent
seule, la lune demeure comme un grand candélabre à la lueur blafarde.
J’ai peur !
Je sais qu’ils vont surgir du fin fond des ténèbres.
Blancs fantômes,
ils sont là,
je les sens,
invisibles,
ils me frôlent.
Plus de rimes, plus de vers, ma plume s’est envolée au vent du courant d’air.
Ils retiennent ma main,
ils veulent extraire mon âme pour m'emmener avec eux.
“Souviens-toi” Hurlent-ils.
Mais j’ai peur!
Douze coups, douze rappels.
Je les aimais pourtant.
La mort mes les a pris.
J’étouffe !
Je les aime mais j’ai peur de les revoir
ici où ils venaient jadis.
Je leur ouvrais mon coeur à chaque coup du heurtoir dont ils frappaient ma porte.
La mort me les a pris.
Et je tremble chaque soir
aux douze coups de minuit
qu’ils tapent inlassables
au mur de ma folie.
Derniers Comme en terre